Né en Sarthe, à Saint-Calais, j’ai passé mon enfance en Loir-et-Cher, dans le Perche vendômois, à Savigny-sur-Braye.
Après des études d’Histoire suivies à Tours, je deviens professeur des écoles. Aujourd’hui, je vis à Loué et j’y suis directeur de l’école maternelle.
Entre ma famille, mon métier et la pêche à la truite, je consacre de très longues heures à la peinture.
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Je suis venu à la peinture, disons, naturellement.
Passionné par l’expression graphique depuis l’enfance, il a fallu que je me confronte à un medium puissant, un medium à travailler, à apprivoiser : la peinture.
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Peindre est pour moi un acte de liberté. C’est s’évader de la routine du quotidien pour rentrer dans un univers en devenir, celui de la toile. En ce sens, peindre est un véritable acte physique. L’acte de peindre mobilise un puissant effort du corps et de l’esprit. Il demande le don de soi ! L’adrénaline investit progressivement le peintre, jusqu’à approcher parfois un état de transe. A ce moment, le châssis devient dès lors un espace de rencontre, espace de rencontre entre le peintre, la matière, le trait, la lumière et le sens de l’œuvre à naître. Et pour qu’il y ait sens, il faut qu’il y ait au préalable questionnements.
Questionnements sur la façon d’agencer l’espace et les couleurs, questionnements aussi sur les clefs à fournir pour décrypter l’image, lire l’œuvre.
Mais il reste toujours une part d’inconnu, une part de mystère dans chaque toile laissant ainsi à chacun sa propre interprétation picturale et poétique du tableau.
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En général, je traite mes sujets à l’acrylique à laquelle j’adjoins des sablons et des mortiers afin de structurer, de « matiérer » mes tableaux.
Les couleurs, en général, sont chaudes : des ocres, des bruns et des rouges. Elles sont « déglacées », ça et là, par quelques aplats, quelques tâches, quelques lignes de bleu pâle.
Les formes sont cernées au fusain.
Mon travail artistique puise ses racines à travers des références personnelles, mais aussi poétiques, érotiques ou encore historiques.
J’aime particulièrement peindre des nus féminins et faire en sorte que l’érotique rejoigne, épouse le poétique. C’est à travers ce genre d’exercice, à mon avis, que s’exprime le mieux ma peinture. Je prends un plaisir intense à jouer sur les contrastes. Contrastes entre couleurs chaudes et bleus froids, contrastes entre formes rondes, charnelles et voluptueuses des corps et rugosité minérale des matières, contrastes encore entre provocation érotico-sexuelle et délicate sensualité féminine.
J’affectionne aussi les « natures mortes », dépouillées mais structurées et colorées : des fruits, des céramiques…
Très souvent, j’écris sur la toile. Est-ce un ajout poétique ? Une clef supplémentaire donnée au regard du spectateur ? Un simple surplus graphique et esthétique ? Je ne connais pas la réponse.
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Tenir un pinceau entre mes phalanges est pour moi une nécessité quasi vitale. Et, par ailleurs, comme un comédien a besoin de monter sur scène pour exister, mes toiles se doivent d’être offertes aux regards critiques du public pour que mon acte de peindre ait une raison d’être, d’exister.
Picasso n’a-t-il pas dit qu’ « un tableau ne vit que par celui qui le regarde » ?
Je peins pour moi mais, malgré une certaine pudeur et une certaine prise de risque à me dévoiler, aussi pour les autres…
A. F. XII /2008




