« Artiste autodidacte, Je travaille plusieurs heures par jour dans mon atelier, seule, sans contraintes.
Comment expliquer les motivations d’un travail ? D’un art ? Par une volonté d’exorciser le corps et l’esprit de tous les démons qui les tourmentent, qui les habitent, les envahissent jusqu’à ne plus laisser de prise ? Peut être.
Un travail en solitaire, un travail sur soi, face à soi même, à ses démons, ses valeurs, son existence, sa seule raison d’être. Une façon de se retrouver, de se connaître enfin, de s’admettre, de faire face et de reprendre pied.
Tout cela est bien loin des clichés, loin des convenances artistiques, loin de toute école. De là pourrait-on se demander si cet « exorcisme » peut si ce n’est contenter du moins définir une démarche artistique
Mais le but de toutes ces toiles n’est peut être pas d’être une référence, peut être cette démarche trouve-t-elle sa fin en elle-même. Peut être chacun peut-il trouver ses propres échos à travers les lignes et les couleurs, ou les non-couleurs…Toucher, émouvoir sont peut-être les mots qui « collent » le plus à ma démarche. Que chacun se retrouve dans mes « états d’âme », mes « impressions », comme je me plais à nommer mes toiles et je pourrai tenter d’être satisfaite.
Les toiles finies ne m’appartiennent plus, ne m’intéresse plus même. Elles font partie de moi mais sont par essence même hors de moi donc je n’aurais aucun intérêt à les reproduire, ni à les conserver, si ce n’est par soucis de me rappeler un certain état d’esprit, une certaine partie de ma vie, comme d’autres collectionnent objets et photos de façon à faire revivre le passé…D’où aussi cette incapacité à travailler sur commande. Comment faire naître une impression de bonheur lorsque l’on est dévasté et inversement ? »



