Le temps semble s'être définitivement suspendu. Frêles et à jamais inconsolables, les visages de Martine Fey nous basculent dans une mélancolie enivrante. Les paupières sont presque toujours chastement baissées vers la terre ; leur peau blafarde et pourprée d'une finesse prodigieuse, annonce une androgynie saisissante. Chacun de ces regards évoque une influence presque hypnotique.
Dans l'œuvre de Martine Fey c'est l'aspect fantomatique qui se fait l'émissaire de la mémoire de ses êtres ; ainsi des atmosphères d'éternité y sont célébrées. Des âmes s'envolent secrètement pour mieux s'aimer. Elles résistent au fracas impitoyable du temps qui effacera définitivement le témoignage de la candeur.
Quelle est cette mémoire qui parachève la profondeur de leurs sentiments ?
Les personnages sont là, figés, superbes et déchirants dans un monde où seule la tendresse
mélancolique subsiste dans la douceur et l'apaisement.
Paul Matheron-Tourre .



