Exposition du 13 juin au 24 octobre 2009 - curator : Eva Gonzlez-Sancho, directrice du Frac Bourgogne
ouvert du lundi au samedi de 14h à 18h, sauf jours fériés
Visite accompagnée le 20 juin 2009 à 15h au Frac Bourgogne - entrée libre
photo : Cécile Bart
Communiqué de presse (téléchargeable en pdf sur le site http://www.frac-bourgogne.org) :
Pendant l’été, et jusqu’au 24 octobre, l’artiste Cécile Bart a répondu à l’invitation du Frac Bourgogne en investissant la salle dans son intégralité. Par la mise en place de peintures/écrans, qu’elle utilise depuis la fin des années 1980, elle invite le spectateur à vivre l’expérience du regard, non pas comme une chose détachée du monde, mais faisant pleinement corps avec lui. Intitulée Suspens, cette exposition explore plus particulièrement la sensation de poids et d’élévation, avec la dynamique propre au travail de Cécile Bart. L’espace, le corps, la lumière, la couleur jouent de leurs interactions et invitent le spectateur à vivre une expérience à la fois dense et légère, concentrée et joyeuse.
Pour son exposition au Frac Bourgogne, Cécile Bart met en scène des peintures/écrans dans l’espace, prolongement d’un propos engagé avec les expositions Habiter (à la Villa Arson à Nice en 1995) et Tanzen (à la Kunsthaus d’Aarau en 1998). Pour ces projets, qu’elle évoque à propos de celui de Dijon, les peintures étaient tour à tour décors, puis corps qui se déplacent, et les expositions des scènes construites par la présence des peintures, à laquelle venait se mêler celle des visiteurs.
En effet, la peinture de Cécile Bart est un outil sensible pour explorer la réalité d’un lieu, et tout ce qui l’anime. Elle mène cette investigation par des associations de cadrages dans l’espace, qu’elle nomme les peintures/écrans. Il s’agit de châssis d’aluminium, de tailles variables, tendus de voile Plein Jour, peint à la main, de couleurs diverses. Le choix de ce support pour la peinture est essentiel. Il est peint, puis essuyé, autant de fois qu’il est nécessaire pour obtenir la densité de couleur attendue. Une fois tendu sur châssis puis placé dans l’espace, il reste translucide et peut être traversé par la lumière et le regard. Sa matérialité écarte d’emblée l’autonomie du tableau, car il est presque impossible de regarder la couleur seule. S’y projettent tous les événements qui entrent dans le cadre, d’autres châssis et d’autres couleurs par transparence, la présence du lieu, de la singularité de son architecture et de sa lumière, celle encore des autres visiteurs.
Pour l’exposition à Dijon, Cécile Bart a travaillé la vision panoramique qu’offre la salle depuis l’entrée, ainsi que sa profondeur, en lien avec la lumière zénithale qui baigne le lieu. Ainsi le visiteur peut choisir de rester juste au bord, sans beaucoup de recul, comme aux premiers rangs d’une salle de spectacle ou de cinéma. Il peut regarder depuis cet extérieur proche ou entrer sur scène, se plonger dans l’œuvre. Dans les deux cas, il n’est pas statique, mais invité à se déplacer, et son regard joue avec les formes colorées en suspension dans l’espace. Ainsi « voir n’est plus une fonction passive de l’oeil qui enregistre fidèlement le réel, mais une activité productive qui s’inscrit dans la durée 1 ». Les formes en suspens, restent dans une certaine irrésolution, dans l’espace (tendre vers le sol ou s’élever), mais aussi dans le temps, à la manière d’une image arrêtée au cinéma, domaine cher à l’artiste.
La perception suscitée par chaque peinture écran est nourrie et sans cesse transformée par l’ensemble de la disposition dans l’espace. En effet, les peintures/écrans s’inscrivent dans un lieu. Cécile Bart aime à faire référence à la mise en scène plutôt qu’à l’installation. Cette référence au spectacle vivant souligne le fait que l’œuvre n’existe réellement que dans l’expérience du visiteur, dans une réalité qui intègre la temporalité. « Le spectateur idéal serait celui qui prendrait du temps, trouverait son rythme. La perception de l’œuvre se modifierait au cour d’un déplacement “ longue durée ” avec des temps d’arrêt, des réajustements… C’est comme un repérage. On appréhende un lieu, on se disperse et puis on trouve 2. »
Cécile Bart conçoit ses expositions par une organisation précise des peintures/écrans. Les collages préparatoires, et les maquettes, disent l’importance de ces combinaisons dans l’espace. Dans l’exposition elle-même, la matérialité du dispositif est assumée comme constitutive de l’œuvre. Elle permet de produire l’éclat, le jaillissement, l’énergie, la légèreté.
Cette procédure concrète n’est pas pour autant autoritaire ou fermée. Car, d’une part l’œuvre ne prend pas tout l’espace, il y a des trous, des hors-champs. D’autre part, l’artiste la laisse ouverte à ce qui peut advenir, et ne cherche pas à anticiper tout ce qui viendra l’animer, en particulier la nature des déplacements du visiteur, les jeux infinis de la lumière.
C’est pourquoi, les interventions de Cécile Bart inscrivent des questions propres à l’abstraction, d’organisation de formes colorées dans l’espace, dans le contexte d’aujourd’hui. En intégrant le corps du spectateur, la temporalité propre à ses déplacements, les modulations de la lumière du jour, les interactions multiples avec le lieu, Cécile Bart inscrit la peinture de plain pied dans le monde, ouverte à l’événement qui la traverse, sans l’y fixer.
Claire Legrand
directrice adjointe, responsable du service des publics du Frac Bourgogne
1. Pascal Rousseau, « Optisserie », in Cécile Bart, Plein jour, Les presses du réel, Dijon, 2008, p. 302.
2. Cécile Bart, Tanzen, Aargauer Kunsthaus Aarau, 1998, p. 36.
Cécile BART
vit et travaille à Marsannay-la-Côte (FR).
http://www.cecilebart.com
Expositions personnelles récentes (sélection) :
2009
La promesse de l’écran, sur une invitation de Pierre Leguillon, CAPC, Bordeaux (FR), 25 juin
Suspens, Frac Bourgogne, Dijon (FR)
Open out, Granville Gallery, Granville (FR)
2008
Scansions, Galerie Catherine Issert, Saint-Paul-de-Vence (FR)
Extérieur jour, Faux Mouvement - Centre d’art contemporain, Metz (FR)
J.R.S. & Co, Galerie Guy Ledune, espace Black Box, Bruxelles (BE)
2004
Fenêtres sur place, Musée des beaux-arts de Nancy (FR)
2003
La Ronde, Galerie Blancpain-Stepczynski, Genève (CH)
2002
Carrousel, Galerie Frank Elbaz, ArtBrussels, Bruxelles (BE)
Duos et trios (sélection) :
2008
Ni une ni deux Cécile Bart & Michel Verjux, Galerie Georges Verney-Carron, Lyon (FR)
2004
Ausgestellt-Vorgestellt VII François Morellet für Cécile Bart, Skulpturenmuseum Glaskasten, Marl (DE)
Expositions collectives (sélection) (* catalogue) :
2009
Le Printemps de Septembre, Toulouse (FR)
Matisse Hoje – Matisse aujourd’hui, Pinacoteca do Estado de So Paulo (BR)
À plein tube sur la lumière et la couleur, Galerie Guy Ledune, espace Black Box, Bruxelles (FR)
2008
La peinture en question(s) ?, Grande Halle des abattoirs, Mons (BE)
XXL, show d’été, Galerie Guy Ledune, espace Black Box, Bruxelles (BE)
L’art pour l’art, Ambition d’art bis, Galerie d’exposition du théâtre, Privas (FR)
+ de réalité, Hangar à Bananes, Nantes (FR)
Gestern war ... heute ist, Museum gegenstandsfreier Kunst, Otterndorf (DE)
2007
Dialogues, Le Quartier - Centre d’art contemporain de Quimper (FR)
Il Velo, Il Filatoio, Caraglio (IT) *
Chez Dominique Perrault Architecture, des œuvres de la collection Billarant, Paris (FR)
Made in Dole, Musée des beaux-arts, Dole (FR) *
Être présent au monde, MAC/VAL Musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne, Vitry-sur-Seine (FR) *
2006
FIAC, cour carrée du Louvre, Galerie Frank Elbaz, Paris (FR)
Les fils de Marcel, Centre Régional d’Art Contemporain, Sète (FR) *
La visite, Association “Fondation Yvonne et Christian Zervos”, La Goulotte-lès-Vézelay (FR) *
La force de l’art, Grand Palais, Paris (FR)
Là, Centre méditerranéen de l’image, château de Malves, Malves-en-Minervois (FR)
Art Mutiple, Espace de l’Art Concret, Mouans-Sartoux (FR) *
Catalogue
Cécile Bart, Plein jour
Catalogue monographique, 2008
Textes : Christian Besson, Eric de Chassey, Julien Fronsacq, Dominique Païni, Pascal Rousseau.
Bilingue français / anglais
352 pages, 20,5 x 26 cm, ill. coul. et n&b
Édité par Les presses du réel avec la participation du Frac Bourgogne, Dijon [FR], du Musée des Beaux-Arts de Nantes [FR], du Musée d'art moderne et contemporain (Mamco) de Genève [CH], de l'École nationale supérieure d'art de Dijon [FR], des galeries Guy Ledune, Bruxelles [BE], Catherine Issert, Saint-Paul-de-Vence [FR], Georges Verney-Carron, Lyon [FR] et le concours du Ministère de la Culture et de la Communication, Centre national des arts plastiques.
ISBN : 978-2-84066-259-4
Prix : 30 euros
Diffusion envers les particuliers : Frac Bourgogne, Dijon [FR], http://www.frac-bourgogne.org.
Diffusion en librairie : Les Presses du réel, http://www.lespressesdureel.com
Le Frac Bourgogne reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne), du Conseil régional de Bourgogne, du Conseil général de la Côte-d'Or et du Rectorat de Bourgogne.
contact : 0380671818



